Lagenaria siceraria Lagenaria siceraria : fruit et fleur Crescentia cujete

Art et Artisanat du Burkina Faso : les Calebasses

La calebasse (Lagenaria siceraria) est une plante de la famille des Cucurbitacées, famille qui comprend aussi les courges, le concombre, le melon, la pastèque, etc.
Originaire d'Afrique, elle est cultivée comme plante potagère pour son fruit qui est utilisé sec pour fabriquer principalement des récipients, mais aussi d'autres objets et notamment des instruments de musique.
Le fruit de forme sphérique avec un col allongé peut atteindre des dimensions imposantes de l'ordre du mètre.
Lagenaria siceraria Lagenaria siceraria
Des calebasses dans les arbres ?
Dans les calebassiers bien sûr ! Crescentia cujete est un petit arbre de la famille des Bignoniaciées originaire d'Amérique tropicale qu'on trouve aussi en Afrique. Le fruit de forme sphérique atteint une taille de 10 à 35 cm et est utilisé comme récipient une fois sec.
Enfants portant une calebasse sur la tête Crescentia cujete Fruit de Crescentia cujete
Filet à calebasses Filet à calebasses
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En premier lieu la calebasse est un objet utilitaire incontournable au quotidien.
Imperméable, ses utilisations sont multiples en cuisine : récipients divers, bols, cuillers, louches, gourdes, etc. selon la forme et la taille.
Elles servent également de rangements divers : tabatières, coffrets à bijoux, boîtes à fard, etc.
voir nos calebasses
Calebasse boîte à bijoux Calebasse boîte à bijoux (ou autre)
Légère et de grande taille, elle est idéale pour transporter des marchandises sur la tête, au marché par exemple.

Ci-contre à gauche : filet à calebasses dans une habitation de femme kassena.
Bol et cuiller en calebasse Calebasses: bol et cuiller
Omniprésente et indispensable, la calebasse est un objet d'une grande importance dans la vie des Africains.
Elle est un signe d'aisance et d'opulence dans la maison.
Elle est décorative une fois gravée ou pyrogravée.
Enfin elle a une fonction symbolique et sacrée dans de nombreux rites et est elle-même un symbole de fécondité.
Habitation de femme kassena Calebasses dans une habitation de femme kassena
Habitation kassena
Ci-contre à droite : Représentation symbolique du filet à calebasses dans les peintures murales kassena.

Les Kassena font partie de l'ethnie des Gourounsi, localisée dans la région de Pô, dans le Centre-Sud du Burkina Faso. Ils sont réputés pour les peintures murales qui décorent leurs habitations, réalisées par les femmes. L'importance de la calebasse se retrouve dans les nombreuses représentations symboliques qui en sont faites.
La calebasse elle-même est symbolisée par le morceau de calebasse cassée, représenté par un triangle pointant vers le bas, qui est un motif de base des peintures kassena.

Ci-dessous : Détail de l'image de gauche montrant la décoration des calebasses.
Détail
Représentation du filet à calebasse
L'heure du dolo ! L'heure du dolo !
Le dolo est une bière de mil traditionnelle. Il est fabriqué exclusivement par les femmes, les "dolotières".
Le dolo, ou encore tiapalo, est obtenu à partir de la fermentation du jus de cuisson des germes de sorgho rouge. Le processus de préparation dure la journée, le dolo doit être consommé le lendemain car la fermentation continue et le degré alcoolique augmente.
Des tentatives de stabilisation du produit pour le distribuer de façon plus industrielle n'ont pas donné de résultat : le dolo reste une boisson artisanale.
Les dolotières servent le dolo dans les cabarets, mais il est aussi consommé dans le cadre familial.

... et le dolo est traditionnellement bu dans des ... calebasses !
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L'utilisation la plus simple que l'on puisse faire d'une calebasse comme instrument de musique consiste, après l'avoir coupée en deux et évidée, à la retourner et à l'utiliser comme instrument de percussion ! On pourra la percuter avec les doigts bagués pour enrichir les sonorités. La calebasse fait partie des instruments à percussion d'accompagnement traditionnels au Burkina Faso.
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La calebasse à cauris ou gita, originaire du Mali, est constituée d'une demi-calebasse sur laquelle sont attachés des cauris avec des petites cordelettes de cuir tressé. Le son est obtenu par le mouvement de rotation de l'instrument. C'est un instrument joué par les femmes.
Voir ci-dessous.
Joueur de Bendre Le bendré (en moore) ou bara (en dioula)
shekere
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La djabara ou shekere est fabriquée à partir d'une calebasse entière, préalablement vidée, entourée d'un filet de perles, de graines ou bien de cauris. Elle produit un son puissant.
Voir ci-contre à droite.
La calebasse peut aussi être simplement remplie de graines, ou de cailloux: on obtient un hochet.
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Le tambour d'eau ou djidunun (dunun: le tambour et dji: l'eau, en dioula) est constitué d'une demi-calebasse de grande dimension et remplie d'eau sur laquelle on retourne une autre demi-calebasse plus petite. On frappe cette calebasse avec les mains, ou avec des mailloches, ou bien avec des petites calebasses-cuillers. La hauteur de la note varie selon la quantité d'air conservée dans la calebasse qui flotte.
Cet instrument est joué par les femmes. La calebasse contenant l'eau est parfois remplacée par une bassine ou un seau.
sanza
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La sanza ou kalimba est constituée d'un petit clavier de lamelles métalliques fixées sur une table de bois. La caisse de résonnance est le plus souvent une demi-calebasse. On utilise les pouces pour faire vibrer les lamelles, d'où le nom de "piano à pouces".
C'est un instrument très représenté en Afrique sub-saharienne sous de multiples formes et noms.
Ci-contre à droite : le son de la sanza
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Le bendré (en mooré, la langue des Mossis) appelé bara en dioula, est un membranophone fabriqué à partir d'une grosse calebasse sphérique coupée au cinquième : sur l'orifice est tendue une peau de chèvre au moyen de lanières de cuir attachées à un anneau métallique. Le bendré est battu avec les mains et les différentes frappes composent un véritable langage connu des initiés.

LE FACTEUR DE BENDRE (tam-tam) par madikiemde
Bendré
Le bendré est en premier lieu un instrument sacré attaché à la cour royale des Mossis, il est joué lors des cérémonies rituelles.
Mais il est également joué dans les cabarets et s'intègre aussi dans la musique burkinabè moderne.
Ci-contre à gauche un film sur la fabrication du bendré.
Ci-contre à droite deux vidéos d'Ablo Gandema
Balafon
En savoir plus sur le balafon :
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Le balafon est un xylophone, constitué d'un cadre en bois sur lequel sont fixées des lames de taille croissante.
Les calebasses fixées sous les lames servent de caisses de résonnance. Ouvertes à la partie supérieure, elles sont également percées d'un ou plusieurs petits trous sur lesquels sont fixés des morceaux de film plastique ou de papier à cigarette qui vibrent et enrichissent la sonorité (effet "mirliton").
Les lames sont en bois de vène, ou guéni, ou encore béné (Pterocarpus erinaceus) et sont accordées selon une gamme pentatonique.
Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, est considérée comme la capitale du balafon.
Ci-dessous : Seydou "Kanazoé" Diabate, un virtuose du balafon enregistré à Bobo en 2008 : à ne pas manquer !

Kanazoe, Balafon Dioula, Sin Ti Kono Fe par djinaoule
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Le sokou ou "violon africain" est constitué d'une demi-calebasse sur laquelle est tendue une peau de chèvre.
Le manche qui traverse la calebasse permet de tendre l'unique corde sur le chevalet, lui-même constitué d'un morceau de calebasse reposant directement sur la peau.
L'archet est fait de crin de cheval tendu sur un petit arc en bois.
(So : le cheval et kou : la queue, en dioula)
Ci-contre à gauche Adama Dembélé au sokou
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Les n'goni sont une famille d'instruments à cordes pincées de type luth ou harpe-luth..
Ils sont composés d'une calebasse sphérique évidée coupée aux trois quarts et recouverte d'une peau de chèvre tendue, constituant la caisse de résonnance..
La calebasse est traversée par un manche sur lequel sont fixées les cordes au moyen d'anneaux de cuir tressé, ou bien, de plus en plus souvent, par des clefs métalliques rendant l'accordage plus aisé.
Les cordes sont tendues sur un chevalet posé sur la peau.
Le kamélé n'goni ou n'goni des jeunes hommes, comporte 6 à 12 cordes (voire 14).
Il est très populaire et répandu dans la musique contemporaine.
Le donso n'goni, très similaire est en quelque sorte la version traditionnelle : la calebasse est d'un diamètre supérieur, il comporte 4 à 6 cordes et sa tessiture est plus basse.
Il est réservé à la caste des chasseurs (donso : le chasseur).
Mentionnons ici le djeli n'goni qui, si sa caisse de résonnance est en bois et non en calebasse, est un instrument important de la famille des n'gonis : littéralement le n'goni du griot (djeli : le griot).
N'goni
N'goni
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La kora est la "grande soeur" des n'gonis. Les différences essentielles sont une plus grande taille et un plus grand nombre de cordes, le plus souvent 21 cordes.
La calebasse d'un diamètre de 40 à 60cm est ici coupée à la moitié et la table d'harmonie est une peau de boeuf. En effet, le chevalet est posé directement sur la peau et une peau de chèvre ne résiste pas à la tension des 21 cordes.
Les cordes sont fixées au manche de façon traditionnelle par des anneaux de cuir tressé, ou bien par des clefs métalliques, et sont réparties en deux rangées parallèles.
Ci- contre à gauche des extraits de concerts du grand Toumiani Diabate, du Mali, et de Abdoulaye Traoré, dit Kantala, un grand artiste burkinabè de Bobo-Dioulasso.
Pour en savoir plus sur les n'goni :
Enfin, le site Wassoulou Percussions rassemble une foule d'informations sur les instruments de musique de l'Afrique de l'Ouest, fabriqués avec des calebasses ou non !
Kora
Kora